Miel

Paru chez Christophe Chomant Éditeur, février 2014.

Poésie érotique de Sandrine H.

Miel c’est de la poésie sensuelle et gourmande qui dit le beau. Miel c’est le chemin du désir, celui d’une femme à la découverte de son corps de femme particulière et universelle. Miel c’est une quête, celle d’une femme à la rencontre de l’homme, de son désir, des vibrations et du feu. Miel c’est le mariage de la chair, de l’esprit et de la nature.

Miel est aussi un spectacle de poésie mise en voix et en musique, qui « dit » tous les textes de ce recueil.

Spectacle de poésie présenté par le Théâtre des Apparences, le 7 mars 2014 à la Chapelle Bleue de Ploërmel (56). Voix :Laurent Voiturin et Sandrine Le Mével Hussenet ; Saxophone :Michel Devillers. Scénographie et lumière : Alan Floc’h. Regard extérieur : Lhomé*.

*Lien : Site de LHOMÉ

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TDA1403_MG_3605Crédit photo : Bertrand Cousseau

*

EXTRAITS

Premier baiser

Premier baiser
Donné,
Volé,
Goûté,
Savouré.
Et dans le corps le chemin retrouvé.
Vaste chemin rouge dans la plaine traversée.
Lent fleuve d’eau douce entre les berges ravies.
Clairière découverte au soleil dans le cercle des arbres épanouis.
Réveil des sens.
Feu qui dévore et donne naissance.
Un prénom.
Chaque fois répété.
Gouttes,
Goutte à goutte,
À la fontaine, déposées.

Premier baiser,
Donné
Pas repris.
Suspendu entre la peau et la chair.
Entre brûlure et lumière.
Entre douleur et envie.
Dans le souffle retenu.
Dans la pensée captive.
Dans le corps révélé.

Premier baiser.
À la source des lèvres abreuvées.
Lèvres, langue,
Bouche savante,
Trempée de salive,
Amoureuse des lèvres,
De la langue,
De la bouche enivrante
Et de la salive.
À la boire, jamais la soif ne s’apaise.
À la goûter, la faim devient fièvre.

Premier baiser.
Le désir, à peine reconnu, déjà grandit.
Le désir à peine éveillé, déjà incendie.
Et le corps traversé de lumière,
Brûlé par la lame meurtrière,
Ouvert, ébloui,
Ne veut plus jamais refermer ses chairs.

Premier baiser.
Et la question qui revient :
Ai-je déjà embrassé quelqu’un avant ?
La certitude qu’avant et après il n’y a rien de vivant.
Tout n’est que rêves et chimères, hors ce baiser-ci.
Et vouloir toujours revenir à ce vivant tangible,
Seule source de vie.

Ce baiser,
Le vouloir multiplier.
Sentir la bouche orpheline.
Appeler. Appeler sans cesse.
Et vouloir de la bouche toute la peau explorer,
Le reste du corps dévorer.
Vouloir faire de ce baiser, une éternité.
Corne d’abondance, de soi à l’autre donné et redonné.
De l’autre, s’abreuver,
Ne jamais se rassasier,
Toujours s’extasier.

Et se souvenir encore
Du feu et de l’eau
De ce premier baiser.

J’ai rêvé d’un homme-île

J’ai rêvé d’un homme-île
J’abordais ses rivages où se cambrent
Et se couchent les vagues par mille
Endormie sur sa plage aux étoiles sans nombre
Je m’éveillais dans ses doux matins d’ambre
J’ai rêvé d’un homme-île

J’ai rêvé d’un homme-arbre
Je marchais dans la moiteur de son ombre
Découvrais son essence
La caresse de ses palmes
La saveur de sa sève enivrante fragrance
J’ai rêvé d’un homme-arbre

J’ai rêvé d’un homme-source
Où je venais boire à chacune de mes soifs de Grande Ourse
Où je plongeais mes eaux dans le flot de ses eaux
Où je mêlais mes larmes de joie à la joie de sa peau
Cœur de l’étoile où s’unissaient mes courses
J’ai rêvé d’un homme-source

J’ai rêvé d’un homme-joie
Ses soupirs éclataient comme l’éclat d’un grand rire
Sa lumière m’inondait lavait mes noirs souvenirs
Toute la surface et les profondeurs de son corps
Appelaient le mien en vibrations sonores
J’ai rêvé d’un homme-joie

J’ai rêvé d’un homme-monde
Tissant pour moi de l’humanité les fibres vivantes
Alliant son chant aux échos de la grande ronde
Donnant à mes racines des ancêtres l’âme consolante
Abolissant la mort il me faisait tout l’amour du monde
J’ai rêvé d’un homme-monde

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