La naissance du monde

Paru chez Christophe Chomant Éditeur, livre objet, tirage limité (100 exemplaires), septembre 2012. 20151207_220336

Poème érotique de Sandrine H.

Un seul poème de soixante strophes. Une nuit d’amour. Le premier rendez-vous.

Ouvrage d’art, façonné à la main. Couverture en papier artisanal, imprimé au plomb sur Daughaday 1874.

Tirage limité à 100 exemplaires.

 EXTRAIT

Elle a poussé la porte lentement
Elle entre Il lui souriait déjà avant
Élégant il est assis quiètement
Un bras sur le dossier du divan
Jambes croisées il l’attend

Silhouette noire sur fond rouge
Sa lumière fait un éclat trop fort
Elle ferme les yeux et plus ne bouge
Sous la paupière s’incruste encore
Sur fond noir l’ombre rouge

Sa peau trop fine ne saurait tenir
Ne saurait même contenir
Le flot du sang qui veut fuir
Ses digues ont des limites
Son cœur fait un grand huit

Viens ! La voix l’appelle
Douce voix sans équivoque
Un courant puissant l’ensorcelle
Celui des marées nouvelles
Aux lunes rondes d’équinoxe

Elle vient tombera tombera pas
Deux pas trois pas elle est là
Assieds-toi près de moi
Tourbillons et tournoiements
Elle s’évanouit en s’assoyant

Quand elle s’éveille
Il est au-dessus d’elle
Elle est assise sur le ciel
Il se penche la noie l’enfièvre
En lui touchant les lèvres

C’est comme l’envie de mourir
De soupirs se nourrir
D’appels incendiaires
Elle flotte dans l’air
Et brûle du feu qui l’enserre

Parfois elle ouvre les paupières
À travers ses larmes elle le voit
Si prêt que le souffle elle le perd
Les yeux grands ouverts
Il la dévore déjà

Proie du prédateur céleste
Nourriture sacrée sans doute
D’Éros dieu manifeste
Dionysos sans conteste
Rê Osiris Ammout

Son corps est une fourmilière
Traversé d’insectes incandescents
Laves enroulées serpents
Autour de son cou comme du lierre
De ses jambes comme rivière

Les lèvres la langue les soupirs
Tout l’affame et l’aspire
La mouille l’inonde pire
L’assoiffe
Il faut qu’elle boive

Il ouvre le manteau
Dévoile de son cou la peau
Les seins les épaules
Elle s’évanouit ou crie
Non c’est bien plus inouï elle prie

[…]

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