La Chaussure Perdue

MaryCOMÉDIE MUSICALE : Création originale, théâtrale, musicale et chorale, la Comédie Musicale La Chaussure Perdue, créée en novembre 2008, est le fruit d’une collaboration entre les élèves du lycée Ampère de Josselin (texte écrit par les élèves de 3ème Découverte Professionnelle 6h sous la direction de Sandrine LMH et Bérengère Thuillier ; jeu, mise en scène et scénographie assurés par la Compagnie des Compère (Atelier Théâtre) sous la direction de Sandrine LMH ; décors et affiches réalisés en classe d’Arts Appliqués avec Eliane Savary) ; les jeunes de l’École de Musique FORUM (musique, paroles des chansons, interprétation musicale et chorale, sous la direction de Philippe Catalano) et les étudiantes préparant le Diplôme de Technicien des Métiers du Spectacle du Lycée Louis Armand de Locminé (conception, réalisation des costumes et habillement sous la direction d’Isabelle Mérian), avec les compétences de M. Roussel pour la sonorisation, Sullivan Valiente pour la technique et la conception lumière et Liliane DauteuilIMG_6277 pour le maquillage.

Un Conte de Fée, un parcours initiatique, une histoire d’amitié et d’amour fraternel, et de la lutte éternelle entre le bien et le mal.
 Une jeune Reine a perdu sa chaussure de verre, preuve de son amour et de sa fidélité à son Roi parti à la guerre…
Une Sorcière qui trame la perte du Royaume et de la Forêt Enchantée, un Père au nom ridicule, deux Frères en quête de leur identité et de leur dignité, des Monstres rappeurs, un Elfe musicien amoureux, une Princesse Fée à délivrer…

Création en novembre 2008 au Centre Culturel de Josselin et au Centre Culturel de Mauron.

18 photos de Bérengère Thuillier (à suivre : le texte du premier acte de la pièce)

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*

Extrait (Acte I) :

La Chaussure Perdue

Comédie en 5 actes

Les personnages
Le Roi
La Reine
(son épouse)
La Sorcière
(confidente de la Reine)
La Princesse Petit Pois
(mère de la Reine)
Le Prince Carotte
(père de la Reine)
Le Grand Frère
(premier frère de la Reine)
Le Petit Frère
(deuxième frère de la Reine)
La Princesse Fée
(souveraine de la Forêt Enchantée)
Papaguéna
(elfe)
Clochette
(elfe)
Papaguéno
(amoureux de Papaguéna)
Le Monstre
(serviteur de la Sorcière)

*

ACTE I

Scène 1

Le Roi et La Reine

Dans la salle du Château.
Le Roi et La Reine sont sur leurs trônes.

Le Roi. Je vous assure, ma Reine. Je dois partir.

La Reine. A la guerre ?

Le Roi. A la guerre.

La Reine. Contre les trolls ?

Le Roi. Contre les trolls.

La Reine. Maintenant ?

Le Roi. Nous en avons parlé déjà mille fois.

La Reine. Mille fois je vous ai supplié de retarder votre départ.

Le Roi. Mille fois je vous ai expliqué l’urgence du combat. Mes troupes m’attendent.

La Reine. Si vite. Si tôt.

Le Roi. Toujours trop tôt quand je vous quitte.

La Reine. J’en mourrais.

Le Roi. Écoutez-moi, ma Reine. Vos chaussures de verre sont le gage de mon amour. Je veux que vous les gardiez précieusement.

La Reine. Mes chaussures ? De verre ?

Le Roi. Celles-là même ?

La Reine. Mes chaussures de verre.

Le Roi. Celles qui nous ont réunis. Celles qui m’ont permis de vous retrouver.

La Reine. Mes chaussures de verre.

Le Roi. Gardez-les ma Reine. Comme preuve de votre amour et de votre fidélité.

La Reine. Comme preuve de mon amour et de ma fidélité.

Le Roi. Je vous confie la couronne et le royaume, pendant mon absence.

La Reine. La couronne. Votre absence.

Le Roi. Je dois partir. Je vous laisse, ma Reine. Adieu.

La Reine. Adieu.

Le Roi. Prenez soin des chaussures.

La Reine. Je les garderai toujours.

Le roi sort.
La Reine pleure.

Scène 2

Papaguéno, Papaguéna, Clochette et la Princesse Fée

Dans la Forêt Enchantée.
Papaguéno joue de son instrument, sur le devant de la scène.

Au fond, passent La Princesse Fée accompagnée des deux elfes Papaguéna et Clochette.
Papaguéno ne quitte pas Papaguéna des yeux.

Clochette. Regardez les fleurs, Princesse !

Papaguéna. Super chouettes !

Clochette. On pourrait en faire une couronne !

Papaguéna. Pour qui ?

Clochette. Pour ton amoureux, Papaguéna. (Elle désigne Papaguéno)

Papaguéna. (Riant) Lui ?

Clochette. Regarde comme il te regarde. Il est trop mignon.

Papaguéna. Oui. Mais on n’attrape pas les abeilles avec du miel.

Clochette. Les mouches avec du vinaigre.

Papaguéna. Pareil. Attends. Regarde.

Papaguéna se dirige vers Papaguéno.
Papaguéno arrête de jouer.

Papaguéna. Salut Papaguéno.

Papaguéno. Bon… Bonjour Papa… Papa… guéna.

Papaguéna. Je kif grave ta musique petit Papaguéno.

Papaguéno. C’est… C’est pour toi que je joue Papaguéna.

Papaguéna. Pour moi ? Trop cool.

Papaguéno. Papaguéna. Je voulais te dire. Je te trouve…

Papaguéna. Oui ?

Papaguéno. Très… très… Rouge.

Papaguéna. (Riant) Rouge ?

Papaguéno. Mon cœur.

Papaguéna. Ton cœur ?

Papaguéno. Rouge. Mon cœur. Quand je te vois.

Papaguéna. Et bien… pas moi !

Elle rejoint Clochette et la Princesse Fée en riant.
Elle fait un petit signe à Papaguéno.
Elles sortent en riant.

Papaguéno reste seul. Il chante une chanson pour Papaguéna. Il rêve.

Chanson de Papaguéno
Un cœur bat au creux de ma forêt.
Un cœur bat, c’est le mien.
Papaguéna
Mon cœur bat, et c’est pour toi.
Ma forêt a le cœur qui bat.
Papaguéna, et c’est pour toi.
Toute la forêt tremble
Et c’est d’amour.
Forêt enchantée
Feuillage argenté
Lumière rosée
Mes larmes sont la rosée
Mon cœur est affolé
Papaguéna la forêt danse
Papaguéna
Les arbres dansent
C’est dans ma tête
Dans ma forêt
Mon cœur s’affole
Papaguéna
A cause de toi

Il se promène.
Il découvre une chaussure de verre.

Papaguéno. Qu’est-ce que c’est que ce… chose-là ? Ça brille. C’est joli. C’est quoi ?

Il entend un rire.

Papaguéno. Papaguéna ? C’est toi ? Houhou !

Il met la chaussure dans sa poche. Et court.

Papaguéno. Papaguéna ! Papaguéna ! Attends-moi. Ecoute ma chanson.

Il sort.

Scène 3

La Reine et La Sorcière

Dans la salle du Château.
La Reine est seule.

La Reine. (Elle hurle)

La Sorcière entre.

La Sorcière. Que se passe-t-il ma précieuse Reine ?

La Reine. (Elle hurle encore) Ma chaussure ! Ma chaussure a disparu.

La Sorcière. Disparue. C’est impossible ! Vous avez regardé partout ?

La Reine. (Elle boite) Partout. C’est épouvantable ! Ma chaussure de verre. Le Roi. Son amour. Ma fidélité. Je suis perdue. (Elle pleure)

La Sorcière. (A part) Je savais que ça ferait mal. (A la Reine) Comment ça perdue ?

La Reine. J’ai perdu sa confiance. Je perdrai son amour. Je veux mourir !

La Sorcière. (A part) Pas si vite, ma belle. Chaque chose en son temps. (A la Reine) Je vais vous aider. Je suis votre amie. Vous avez confiance en moi ?

La Reine. Vous êtes mon seul espoir. Par magie, peut-être ?

La Sorcière. La magie ne fait pas tout. Nous ce qu’il faut c’est comprendre qui avait intérêt à vous voler cette chaussure.

La Reine. Voler ? Quelqu’un a volé ma chaussure ? Vous croyez ?

La Sorcière. C’est évident. Voyons voyons. Qui cela peut-il être ? Laissez-moi réfléchir.

La Reine. Qui aurait bien pu faire une chose pareille ?

La Sorcière. (A part) C’est le moment. Mon plan marche à merveille. Je vais enfin pouvoir me débarrasser de ces deux petits abrutis qui ont toujours cherché à me faire chasser du château. C’est maintenant qu’ils vont payer leur arrogance ! (A la Reine) Ma Reine. Je ne voudrais pas vous causer de peine. Mais je connais des personnes à qui ce crime profiterait.

La Reine. Parle, mon amie. Dis-le moi.

La Sorcière. Vos frères.

La Reine. Non ! pas eux. C’est impossible !

La Sorcière. Et pourtant. Je suis certaine qu’ils sont jaloux de vous.

La Reine. Jamais.

La Sorcière. Ce sont des petits voleurs. De sales farceurs. Rappelez-vous quand ils vous piquaient vos jouets.

La Reine. Nous étions enfants.

La Sorcière. C’était déjà de la mauvaise graine.

La Reine. Ils ne peuvent pas me faire ça. Ce sont mes frères !

La Sorcière. Justement. Depuis que vous avez épousé le Roi, ils complotent dans votre dos. Ils veulent votre perte. Ils cherchent à vous éloigner du Roi, à briser votre mariage. Ils sont jaloux de votre bonheur. De votre pouvoir. Je les observe. Je les connais. Je sais. Et pardon si ma franchise vous fait mal.

La Reine. Non ! Pas eux. Ma famille, c’est toute ma vie.

La Sorcière. Était. Maintenant vous êtes seule. Le pouvoir s’exerce seule, ma Reine. Pour être forte, il faut vous libérer de votre famille. Vous devez vous faire respecter pour être une grande Reine. Pensez à votre mari. A votre Roi. Il est votre seule famille. Et vos frères vous ont trahie.

La Reine. Comment est-ce possible ?

La Sorcière. Quand ils sont venus vous rendre visite hier soir, vous aviez encore votre pantoufle de verre ?

La Reine. Oui.

La Sorcière. Et ensuite ?

La Reine. (Elle porte ses mains à sa bouche, ouvre de grands yeux horrifiés, étouffe un cri). Les fils de chiens ! Les fils de paysans ! Fils de rien ! Ils vont me le payer. Je les ferai avouer. Ils me rendront ma chaussure. Ils sauront qui est la Reine, ici.

La Sorcière. Bien dit ma Reine. (A part) Ça roule comme sur des roulettes, ma poulette !

La Reine sort. La Sorcière la suit en ricanant.

Scène 4

La Princesse Petit Pois, Le Prince Carotte, Le Grand Frère et Le Petit Frère

Dans une autre salle du Château.
La Princesse Petit Pois brode.
Le Grand Frère et Le Petit Frère jouent aux cartes.
Le Prince Carotte contemple sa famille, heureux.

Le Grand Frère. (Au Petit Frère) C’est à toi de jouer.

Le Petit Frère. Oui je sais. Attends. Je sais pas quoi jouer.

Le Grand Frère. Comme d’habitude.

Le Petit Frère. Oui, bien sûr. Toi tu sais toujours tout quoi jouer, Monsieur « je sais tout ».

La Princesse Petit Pois. Les enfants ! S’il vous plait.

Le Petit Frère. Pardon.

Le Grand Frère. Notre sœur nous manque.

La Princesse Petit Pois. Je sais. Mes enfants, je sais. Elle nous manque à tous terriblement. (Au Prince Carotte) N’est-ce pas mon chéri ?

Le Prince Carotte. (Avec un soupir) Terriblement.

Le Petit Frère. On ne la voit presque plus.

La Princesse Petit Pois. Elle est très occupée.

Le Prince Carotte. (Avec un soupir) Terriblement.

Le Grand Frère. Hier soir, c’est à peine si on a eu le temps de l’embrasser.

Le Petit Frère. Elle va venir aujourd’hui ?

La Princesse Petit Pois. Peut-être. Si elle a le temps.

Le Grand Frère. (Au Petit Frère) Tu te souviens quand elle jouait avec nous ?

Le Petit Frère. Elle me disait toujours quoi jouer aux cartes.

Le Grand Frère. Elle nous apprenait des chansons.

Ils chantent.

Le Petit Frère. Et quand on jouait à cache-cache dans le grenier ! Tu te souviens, quand on jouait à cache-cache dans le grenier ?

La Princesse Petit Pois. Les reines ne jouent plus à cache-cache dans les greniers.

Le Petit Frère. Pourquoi elle est devenue Reine alors ?

Le Grand Frère. Parce qu’elle s’est mariée avec le Roi.

Le Petit Frère. Pourquoi elle s’est mariée avec le Roi ?

Le Grand Frère. Si tu sais pas, demande à Papa, P’tit Bouffon.

La Princesse Petit Pois. Les enfants ! S’il vous plait.

Le Grand Frère. Pardon.

Le Petit Frère. Papa ? Papa ? Papa ? Papa ?

Le Prince Carotte. Oui mon fils ?

Le Petit Frère. Dis papa ? Pourquoi elle s’est mariée avec le Roi, ma sœur ?

Le Prince Carotte. (Il se gratte la tête) Ben ! euh ! Demande à ta mère.

Le Petit Frère. Maman ? Maman ? Maman ? Maman ?

La Princesse Petit Pois. Oui, mon petit chéri d’amour.

Le Petit Frère. Pourquoi elle s’est mariée avec le Roi, ma sœur ?

La Princesse Petit Pois. C’est une bien jolie histoire !

Le Petit Frère. Raconte ! Raconte !

Le Grand Frère. Mais on te l’a déjà raconté des centaines de fois.

Le Petit Frère. Raconte-la encore !

La Princesse Petit Pois. Un soir. C’était le jour de ses 17 ans. J’avais autorisé votre sœur à sortir au bal, danser ! Pour cela votre grand-mère lui avait fait cadeau d’une robe magnifique et d’une paire de chaussures de verre.

Le Petit Frère. De verre !

La Princesse Petit Pois. De verre. Et moi, je lui avais donné la permission de minuit.

Le Grand Frère. Comme d’hab.

La Princesse Petit Pois. Et comme d’hab, elle n’a pas vu passer le temps.

Le Grand Frère. Elle avait rencontré quelqu’un.

Le Prince Carotte. (Avec un soupir) Comme d’hab.

La Princesse Petit Pois. C’était le jeune Roi. Mais elle ne le savait pas. Elle avait dansé toute la soirée avec lui. Et quand les douze coup de minuit ont commencé à sonner, elle s’est précipité hors de la salle de bal. Et dans sa course elle a perdue une chaussure.

Le Petit Frère. De verre !

La Princesse Petit Pois. De verre. Elle est arrivée toute essoufflée à la maison. Et son père l’a grondée.

Le Prince Carotte. (Avec un soupir) Comme d’hab.

La Princesse Petit Pois. Mais le lendemain, le jeune Roi a fait rechercher la jeune fille à la pantoufle de verre. Il a fait essayé la pantoufle à toutes les filles à marier du royaume, promettant de n’épouser que celle à qui elle irait.

Le Petit Frère. C’était ma sœur ! Tra la la la lère.

La Princesse Petit Pois. Et comme ils étaient très amoureux l’un de l’autre. Ils se sont mariés. Et votre sœur est devenue reine.

Le Grand Frère. Comme c’est mignon !

Le Petit Frère. J’adore cette histoire !

Le Grand Frère. Au fait, et vous ? Comment vous vous êtes rencontrés.

Le Prince Carotte. (Avec un soupir) Oh ! ça remonte à longtemps, tout ça. Demande à ta mère.

Le Grand Frère. Raconte maman.

La Princesse Petit Pois. Un jour que je m’étais perdue dans une grande forêt à cause d’un terrible orage, j’ai découvert un château inconnu. J’ai frappé à la porte et j’ai demandé qu’on m’héberge pour la nuit. Le jeune homme qui m’a ouvert était si beau, si timide aussi, que je l’ai trouvé le plus charmant des princes.

Le Prince Carotte. (Avec un soupir) Comme d’hab.

La Princesse Petit Pois. C’était votre père ! Nous nous sommes plus tout de suite. (Au Prince Carotte) N’est-ce pas mon chéri ?

Le Prince Carotte. (En la regardant amoureusement) Comme d’habitude, mon amour.

La Princesse Petit Pois. Mais je n’avais pas du tout l’air d’une princesse, avec mes souliers tous crottés et ma robe toute mouillée. Alors la maman de votre papa…

Le Petit Frère. Grand-mère !

La Princesse Petit Pois. Grand-mère a voulu vérifier que j’étais bien une princesse. Elle a fait mettre un petit pois sous une pile de matelas et d’édredons et m’a fait dormir tout en haut de la pile.

Le Petit Frère. Waouh ! Et pourquoi ça ?

La Princesse Petit Pois. Parce qu’une princesse est très très sensible. Et qu’elle peut sentir le moindre petit bout de petit pois, même sous des dizaines de matelas.

Le Grand Frère. Et toi maman, tu as senti le petit pois.

La Princesse Petit Pois. J’ai très mal dormi et quelques semaines plus tard, j’épousais votre papa.

Le Petit Frère. Et c’est pour ça qu’on t’appelle « La Princesse Petit Pois » ?

Le Grand Frère. Exact ! Et comme papa c’est le Prince Carotte, ça fait « Petit Pois-Carotte » !

Les deux frères rient.

Le Petit Frère. Et nous ? Comment on est né ?

La Princesse Petit Pois. Dans un chou !

Tout le monde rit.

Scène 5

La Princesse Petit Pois, Le Prince Carotte, Le Grand Frère et Le Petit Frère
La Reine et la Sorcière

Dans la même salle.
La Reine entre avec fracas, accompagnée de la Sorcière.
La Reine boite.

La Reine. (Au Petit Frère) Toi t’as pas quelque chose à me dire ?

La Sorcière. (A part) Il va y avoir du sport… et moi j’reste tranquille…

Le Petit Frère. Non ! Quoi ? Tu…

La Reine. Fais pas l’innocent !

Le Grand Frère. Qu’est-ce que… ?

La Reine. Et toi le grand trouillard ? T’as rien à dire ?

Le Petit Frère. De quoi tu parles ?

La Reine. De ma chaussure, petit morveux !

Le Grand Frère. Quelle… quelle chaussure ?

La Reine. Ma chaussure de verre, pauvre tache ! Celle que vous m’avez volée.

Le Petit Frère. Ça va pas la tête ? On t’a rien volé du tout.

La Reine. Pourquoi vous m’avez fais ça ? J’avais confiance en vous ! Vous n’êtes que des chiens galeux, d’immondes petites vipères. Vous voulez ma perte. C’est ça ? C’est ça ? Mais je vous laisserai pas faire !

Le Grand Frère pleure.

La Princesse Petit Pois. Ma fille, enfin, calme-toi.

La Reine. Toi maman, je t’ai pas sonné !

Le Prince Carotte. (Se levant) Ça suffit ! Ne parle pas comme ça à ta mère !

La Reine. Et toi ne parles pas comme ça à ta Reine.

La Sorcière. Bien envoyé !

Le Prince Carotte. Tu vas immédiatement faire des excuses à ta mère et à tes frères !

La Reine. Rien du tout ! C’est vous qui allez me faire des excuses ! Vous n’êtes que des menteurs et des lâches.

La Sorcière. Bien dit !

Le Petit Frère. On t’a rien pris du tout.

Le Grand Frère continue de pleurer.

La Reine. C’est ce qu’on va voir ! Videz vos poches !

Le Petit Frère veut se battre.

Le Prince Carotte. Mes fils ne feront rien du tout ! Tu nous as insulté. Nous sortons. Nous ne reviendrons que lorsque tu te seras excusée. Venez les enfants.

La Princesse Petit Pois hésite.

Le Prince Carotte. Viens. Laisse-là. Viens. (A la Reine) Tu fais honte aux Carottes, ma fille !

Les frères sortent, le Petit Frère très énervé, le Grand Frère complètement accablé.
Le Prince Carotte sort, entraînant sa femme avec lui.
La Reine reste seule, avec la Sorcière (toute réjouie).

Scène 6

La Reine et La Sorcière

Dans la même salle.

La Reine. (Elle hurle)

La Sorcière. (La prenant dans ses bras) Calmez-vous. Ça va aller. Calmez-vous. Voilà. Voilà. (Elle lui tapote le dos)

La Reine. C’est horrible ! C’est épouvantable ! Je les déteste. Ils m’ont abandonnée. Je suis toute seule. Toute seule.

La Sorcière. Je vous l’avais bien dit. Cette famille vous veut du mal. Ils vous jalousent. Ils vous traitent mal.

La Reine. Je ne me suis jamais sentie aussi seule.

La Sorcière. Allons ma Reine. Redressez-vous. Ne vous laissez pas salir ainsi. Débarrassez-vous d’eux. Ils sont minables et misérables. Ils vous font honte. Et en plus quel nom ridicule ! Quelle honte pour une reine, d’avoir un père au nom aussi ridicule.

La Reine. (Elle hurle de plus belle). J’ai toujours eu honte de ce nom. J’ai toujours été humiliée par le nom de mon père. Carotte ! Quelle horreur !

La Sorcière. Débarrassez-vous des porteurs du nom, ma Reine.

La Reine. (Cessant de se faire cajoler) Et comment ?

La Sorcière. La magie peut parfois certaine chose, ma Reine.

La Reine. Mon amie, ma sorcière bien-aimée, dis-moi ce que tu peux faire ?

La Sorcière. Je pourrais les transformer.

La Reine. En quoi ?

La Sorcière. (Semblant réfléchir) En… Carottes ! (Elle éclate de rire)

La Reine. Oui ! Oui, en carottes ! Mon père et mes deux frères, en carottes. Bien fait pour eux.

La Sorcière. Et votre mère, en petit pois.

La Reine. Non, pas ma mère.

La Sorcière. Excellente idée ! Il faut la laisser souffrir. (Elle ricane)
(A part) Mon plan marche à merveille. Passons à la phase suivante.
(A la Reine) Ma Reine ?

La Reine. Oui, ma Sorcière chérie ?

La Sorcière. Je songeais à une chose, encore.

La Reine. Oui ?

La Sorcière. Votre chaussure…

La Reine. Oui ?

La Sorcière. Ce sont peut-être les elfes de la Forêt Enchantée qui vous l’ont dérobée.

La Reine. Les elfes ?

La Sorcière. Ces petits gnomes sont toujours à l’affût d’un mauvais coup. Et leur souveraine, la Princesse Fée, a tout intérêt à vous nuire.

La Reine. La Princesse Fée ? Elle a toujours fait le bien autour d’elle.

La Sorcière. Mensonge ! C’est mon ennemie depuis toujours. Elle a toujours cherché à m’empêcher de… à vous empêcher de faire ce que vous vouliez. Elle n’aime pas le Roi. Elle ne m’… ne vous aime pas. Elle a juré votre perte.

La Reine. Ma perte ?

La Sorcière. Elle est perfide, ensorceleuse, avide. En vous dérobant votre chaussure, elle est sûre de gagner. De prendre tout le pouvoir. Il faut l’empêcher de nuire. Et vite. Si vous voulez récupérer votre chaussure.

La Reine. Que faut-il faire ?

La Sorcière. J’ai mon idée. Laissez-moi faire.

Noir.

Chanson triste de la maman « Petit Pois »
Le ciel est sombre
Le soleil noir
Ma petite fille, toute petite fille, qu’as-tu fait là ?
Mon amour, mon bel amour, sans toi plus rien ne va.
Mes chéris, mes tout petits, où êtes-vous, si loin de moi ?
Le ciel est sombre
Le soleil noir
J’avais un prince, je l’ai perdu.
Des trois enfants, les garçons se sont perdus,
Ma fille, ma reine, de raison elle n’a plus
Le ciel est sombre
Le soleil noir
Le château n’a plus aucune lumière
Le mal, la mort et la sorcière
Ont volé tout mon espoir, c’est la misère
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Une réponse à La Chaussure Perdue

  1. Valiente Sullivan dit :

    « La chaussure perdue »
    Deux versions, une première avec enregistrement une seconde avec musiciens live. De sacrés bon souvenir accompagne les nombreuses heures de travail d’installations techniques. De superbes costumes réalisé par les DTMS, je crois d’ailleurs qu’ils sont encore dans leur stock !!!
    Amicalement Sullivan

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