Insectarium : le 23 mars à Locminé et le 7 juin 2019 à Josselin.

L’Abeille et la Coccinelle
L’Araignée, la Fourmi, le Papillon et le Frelon

THÉÂTRE POUR ENFANTS : la création Compères printemps 2019, sera rejouée à l’Écusson de Josselin, le soir du 7 juin.

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Sur une commande de l’association du Cheval Bleu, pour le festival du printemps de Locminé, une collaboration entre des élèves du lycée Ampère de Josselin (texte, mise en scène, musique et lumière), du lycée Louis Armand de Locminé (costumes) et du lycée horticole biologique Le Sulio de Saint-Jean-Brévelay (décor floral).

Le Phasme
Tous les personnages d’Insectarium

Spectacle donné à Locminé, le samedi 23 mars 2019, à la salle de La Maillette, au festival du Printemps.

Fabulettes sur la vie des insectes. Une Luciole qui cherche la lumière, un Scarabée qui recherche la confiance, un Phasme qui veut qu’on le voie, un Frelon qui veut se marier, une Abeille qui ne le veut pas, une Coccinelle trop gourmande, une Araignée musicienne, une Fourmi affairée et un Papillon amoureux…

Saynètes écrites et mises en scène, en musique et en lumière par les Compères, élèves de l’atelier théâtre (CAP et Bac Pro du lycée Ampère ), sous la direction de Sandrine LMH et de Liliane Dauteuil.

Costumes conçus et réalisés par les élèves de DTMS (métiers du spectacle) du lycée de Locminé, sous la direction de Colette Heber. Une collaboration, une complicité et un partage formidable entre les jeunes apprentis-artistes.

Comédiens-auteurs et costumières-habilleuses

Article de Ouest-France, Locminé, du 26 mars 2019.

Le texte :

Insectarium

Création Compères 2019

Le Scarabée
La Luciole et le Phasme
Le Papillon

Personnages

Abeille : Léa

Araignée : Louen

Coccinelle : Nell

Fourmi : Paul

Frelon : Brendan

Luciole : Morgane

Papillon : Damien

Phasme : Eliott

Scarabée : Julien

Pièce en 9 tableaux

Les titres seront dits par Araignée qui jouera de la batterie tout au long du spectacle.

Tableau 1.

L’histoire de la Luciole qui cherchait la lumière.

Luciole.       (Elle pleure) Bou bou ou ou !

Fourmi passe. Aperçoit Luciole. Mais passe son chemin.

Fourmi.       Pas le temps de s’occuper de ça. Trop de boulot. Trop de boulot.

Scarabée.     (Entrant) Que se passe-t-il mademoiselle Luciole ?

Luciole.       (Elle pleure toujours) Bou bou ou ou !

Fourmi.       (Repassant) Pas le temps. Pas le temps.

Abeille.        (Entrant) Que lui arrive-t-il ?

Scarabée.     Je ne sais pas. Elle ne dit rien. Mais je l’entends pleurer depuis des heures. On l’entend de vraiment loin.

Abeille.        Affirmatif. Et c’est très alarmant.

Coccinelle.   (Entrant) Qu’est-ce qu’elle a, la Luciole ?

Scarabée.     Oh !

Abeille.        On ne parle pas comme ça.

Scarabée.     Ce n’est pas très gentil de parler comme ça.

Coccinelle.   La Luciole, elle a quoi ?

Scarabée.     Oh !

Abeille.        Mais enfin, Coccinelle ! On ne s’exprime pas comme ça !

Coccinelle.   Appelez-moi Coxi, c’est plus court et plus fun.

Scarabée.     Coxi ?

Coccinelle.   Ouais ! Alors, c’est quoi qu’elle a la Luciole à pleurer comme ça ?

Scarabée.     Oh !

Abeille.        Eh bien ! On ne sait pas.

Luciole.       (Pleurant toujours) Bou bou ou ou !

Fourmi passe. Regarde et sort.

Coccinelle.   Elle a peut-être faim. Moi j’ai faim.

Abeille.        Tu n’as pas mangé ce midi ?

Coccinelle.   Si. Mais j’ai encore faim. Hé ! Scarabée ! T’as rien à manger ?

Scarabée.     Non. Je suis désolée. Je n’ai rien du tout.

Abeille.        Mademoiselle Coccinelle…

Coccinelle.   Coxi !

Abeille.        Mademoiselle Coxi ! On dit : « s’il te plait », quand on demande quelque chose à quelqu’un.

Coccinelle.   S’il te plait, l’Abeille, vous avez pas un truc à manger.

Scarabée.     Oh ! On dit « madame l’Abeille ».

Papillon.      (Entrant) Que se passe-t-il ici ? Qui pleure ainsi à fendre l’âme ?

Luciole.       (Pleurant toujours) Bou bou ou ou !

Fourmi.       (Passant) Pas le temps. Boulot boulot.

Coccinelle.   C’est la Luciole.

Scarabée.     Mademoiselle Luciole.

Abeille.        Et on ne sait pas ce qu’elle a.

Papillon.      Oh ! Pa pardon, ma ma madame l’Ab Ab Abeille. Je ne vous… vous avais pas vue. Bon bon bonjour !

Abeille.        Bonjour, mon bel ami Papillon.

Papillon.      Bé bé bel ami… A a ami. Ooooh…

Luciole.       (Pleurant toujours) Bou bou ou ou !

Fourmi passe rapidement.

Scarabée.     Elle pleure toujours, la pauvre.

Abeille.        Il faut faire quelque chose !

Coccinelle.   On n’a qu’à lui donner à manger.

Papillon.      Mademoiselle Luciole. S’il vous plait, dites-nous ce qui vous fait tant de peine.

Luciole.       Je ne suis pas une luciole comme les autres.

Scarabée.     Comment ça ?

Luciole.       Je n’ai pas de lumière. Regardez ! Je suis toute éteinte.

Coccinelle.   C’est pas faux !

Scarabée.     Oh !

Abeille.        Toute éteinte ! Toute éteinte ! Mais nous sommes tous tout éteints. Ce n’est pas un problème. La lumière est à l’intérieur.

Luciole.       (Pleurant à nouveau) Bou bou ou ou !

Fourmi repasse. Vite.

Coccinelle.   Ben voilà ! C’est reparti !

Abeille.        Ce que je voulais dire, c’est que nous n’avons pas besoin de lumière à l’extérieur, puisque nous en avons à l’intérieur.

Scarabée.     À l’intérieur ?

Papillon.      C’est une métaphore.

Scarabée.     Métaphore ?

Coccinelle.   Un truc au phosphore !

Papillon.      Mais non. Une métaphore c’est une image.

Abeille.        Ça veut dire qu’on a de l’amour à l’intérieur pour faire le bien tout autour de nous. N’est-ce pas, Papillon ?

Papillon.      De de l’a l’amour, ma ma dame… ? De l’aaa… mour ? Ou ou oui, c’est c’est ça.

Coccinelle.   (Au public) Il est bizarre ce papillon ! Quand il parle au gens il est normal, mais quand il parle à l’Abeille, il bégaye.

Abeille.        Une luciole a aussi de la lumière à l’intérieur.

Coccinelle.   C’est pas faux.

Luciole.       Je voudrais être une luciole normale ! Je voudrais faire de la lumière à l’extérieur aussi.

Coccinelle.   C’est peut-être un problème de batterie ?

Abeille.        Les lucioles n’ont pas de batterie, voyons !

Scarabée.     Ce serait quoi le problème alors ?

Papillon.      Je crois qu’il faudrait demander à la Lune.

Abeille.        La lune ?

Papillon.      Ou ou oui.

Scarabée.     Allons voir la lune alors.

Coccinelle.   Avant, est-ce qu’on pourrait manger un truc ? J’ai faim.

Abeille.        Tu auras du miel, je te le promets. Mais d’abord, allons voir la lune.

Ils marchent en cherchant la lune. Soudain ils la voient. Ils s’arrêtent.

Papillon.      Madame La Lune ! S’il vous plait, Madame La Lune. S’il vous plait, écoutez-nous.

Scarabée.     Nous avons un problème.

Papillon.      Il s’agit de notre amie la Luciole. Elle est toute triste et toute éteinte parce qu’elle n’a pas de lumière comme les autres lucioles. Nous avons besoin de vous et de vos lumières.

Abeille.        C’est très bien, Papillon. Continue.

Coccinelle.   Ne lui parlez pas. Quand il parle avec vous, il bugge.

Abeille.        Ah ! Bon ! Je n’avais pas remarqué.

Papillon.      Je crois que la Lune a entendu. Mettez-vous là, mademoiselle Luciole. Voilà, comme ça. Et tendez les pattes. Ouvrez bien vos ailes. Oui, comme ça. Le visage bien tourné vers la Lune. Respirez doucement. Voilà. C’est ça. Vous sentez comme la Lune vous regarde. Elle vous regarde et vous êtes dans sa lumière.

Coccinelle.   C’est space !

Scarabée.     Chut !

Papillon.      Voilà ! Restez concentrée. Ça marche ! Regardez !

Soudain, la Luciole s’éclaire.

Abeille.        C’est formidable ! Bravo Papillon !

Papillon.      Mer mer merci…

Coccinelle.   Voilà ! Ça le reprend !

Luciole se regarde. Elle est heureuse.

Luciole.       Oh ! Merci Papillon ! Merci !

Papillon.      Pas de quoi ! Il faut dire que la Lune est un peu mon amie. Je viens souvent lui parler la nuit.

Abeille.        Ce papillon est un poète.

Coccinelle.   Ne lui dites pas, sinon, il va bugger pour de bon ! Bon. Allez ! On va manger du miel ?

Abeille.        Allons-y !

Ils repartent tous ensemble, la Luciole devant. Le Scarabée derrière.

Fourmi passe en sens inverse. Pressé et occupé.

Tableau 2.

L’histoire du Scarabée qui cherchait la confiance.

Scarabée se promène. Fourmi entre et ne le voit pas.

Fourmi.       Boulot. Boulot.

Scarabée.     Euh ! Bonjour monsieur Fourmi. Comment allez-vous aujourd’hui ?

Fourmi passe sans le remarquer et renverse Scarabée qui se retrouve sur le dos.

Scarabée.     Oh !

Scarabée se débat mais n’arrive pas à se redresser.

Scarabée.     Au secours ! Au secours !

Fourmi.       (Repasse) Pas le temps. Boulot. Boulot. (Il sort)

Scarabée.     Au secours ! Je suis coincé sur le dos et je n’arrive pas à me redresser.

Phasme.      (Entrant) C’est assez fréquent chez les scarabées.

Scarabée.     J’entends une voix ! Quelqu’un parle ! S’il vous plait, quelqu’un ! J’ai besoin d’aide !

Phasme.      Je pourrais peut-être le faire.

Scarabée.     Qui parle ? Je ne vous vois pas.

Phasme.      Normal. Personne ne me voit jamais.

Scarabée.     Vous êtes invisible ? Vous êtes un esprit de la forêt ?

Phasme.      Si c’était ça, je serais bien content. Mais non, je ne suis pas un esprit. Je suis bel et bien vivant. Mais jamais personne ne me voit.

Scarabée.     C’est de la magie ?

Phasme.      Non plus.

Scarabée.     Je ne vois personne. Il n’y a qu’une branche plantée au milieu du chemin.

Phasme.      Voilà !

Scarabée.     Voilà quoi ?

Phasme.      C’est ça.

Scarabée.     Quoi ?

Phasme.      La branche.

Scarabée.     Quoi la branche ?

Phasme.      C’est moi.

Scarabée.     Une branche qui parle ?

Phasme.      Non ! Un Phasme.

Scarabée.     Un fantasme ? Un rêve ? Vous êtes un rêve ?

Phasme.      Mais non ! Un Phasme ! Un insecte, comme toi.

Scarabée.     Mince alors ! Un insecte ! Alors, est-ce que vous pouvez m’aider, s’il vous plait ?

Phasme.      Volontiers.

Très lentement le Phasme s’approche du Scarabée qui s’accroche à une de ses pattes et peut enfin se redresser.

Scarabée.     Merci infiniment, monsieur le Phasme.

Phasme.      Pas de quoi.

Phasme sort très lentement.

Mais Frelon entre en se frottant les pattes.

Frelon.        Hi hi ! Je vais bien m’amuser !

Scarabée.     (Le voyant) Oh ! Bonjour monsieur Frelon ! Comment allez-vous aujourd’hui ?

Frelon.        Quelqu’un me parle ? Je ne vois personne.

Scarabée.     Je suis là.

Frelon heurte volontairement Scarabée qui retombe sur le dos.

Frelon.        Oups ! J’ai percuté quelque chose.

Scarabée.     C’est moi, monsieur Frelon ! Je suis sur le dos, pouvez-vous m’aidez à me redresser, s’il vous plait ?

Frelon.        Oh ! Comme c’est étrange ! Une boule qui parle.

Scarabée.     S’il vous plait ?

Frelon joue avec Scarabée qui roule. Mais il ne l’aide pas.

Frelon.        Comme c’est drôle, cette petite chose !

Scarabée.     S’il vous plait !

Avec ses pattes arrières Frelon retourne Scarabée.

Scarabée.     Merci monsieur Frelon.

Frelon.        Ah ! Scarabée ! C’était toi ?

Scrabée.       Oui, monsieur Frelon. Merci de votre aide.

Frelon.        Pas de quoi. Au revoir Scarabée.

Scarabée.     Bonne journée !

Frelon.        Elle est très bonne merci ! (Au public) Vous allez voir comment je m’amuse !

Frelon fait soudain demi-tour et bouscule à nouveau Scarabée qui retombe sur le dos.

Frelon.        Oups ! J’ai dû heurter quelque chose ! Cette forêt est pleine d’embuches et de choses mal rangées !

Scarabée.     Monsieur Frelon ! C’est moi ! Vous m’avez à nouveau renversé !

Frelon.        Je n’ai pas les yeux en face des trous en ce moment.

Scarabée.     Monsieur Frelon ! C’est moi ! Pouvez-vous m’aidez ?

Frelon.        Je devrais peut-être porter des lunettes, comme les chouettes ?

En parlant, il bouscule le Scarabée qui se débat, en vain. Frelon va pour sortir.

Frelon.        (Au public) Je m’amuse comme un fou ! (Il revient sur ses pas et voit Scarabée) Oh ! Sacarabée ! Mais que fais-tu encore sur le dos. Je t’avais redressé tout à l’heure ! Décidément, tu ne tiens pas debout. Il te faudrait des béquilles, mon ami !

Scarabée.     Je n’en ai pas besoin, merci.

Frelon.        (En aidant Scarabée à se remettre debout) J’ai cru voir une branche trainer quelque part par ici, tout à l’heure. Tu pourrais t’en servir.

Scarabée.     Ce n’était pas une branche, c’était un Phasme.

Frelon.        Dans tes fantasmes, oui. Bon, allez, je dois y aller. Fais bien attention à toi petit Scarabée !

Scarabée.     Merci, monsieur Frelon.

Frelon.        Pas de quoi.

Et en repartant, il percute à nouveau Scarabée qui retombe sur le dos.

Scarabée.     Oh ! Non !

Frelon.        (En sortant et en se frottant les mains et en riant.) Je me suis bien amusé !

Scarabée est toujours sur le dos et se débat en vain.

Papillon entre et voit Scarabée.

Papillon.      Eh bien ! Scarabée, que t’arrive-t-il ?

Scarabée.     J’ai un problème. Je n’arrive pas à me redresser. Et en plus Frelon s’est moqué de moi.

Papillon.      Ça ne m’étonne pas de lui. C’est un méchant !

Scarabée.     C’est toujours pareil ! J’essaie d’être gentil avec tout le monde, et je finis toujours par être embêté.

Papillon.      Il faut prendre plus de confiance en toi.

Scarabée.      Facile à dire ! Tu as vu comment tu perds tes moyens, toi, devant madame l’Abeille !

Papillon.      Ne ne ne parle pas de ma ma madame l’Ab Abeille. C’est u une histoire com com compliquée !

Scarabée.      Je n’en parle plus. Peux-tu m’aider ?

Papillon.      Je vais t’aider. Mais pas comme tu crois. Je vais d’abord parler au Soleil.

Scrabée.       Au Soleil ?

Papillon.      Parfaitement. Monsieur le Soleil ! S’il vous plait ! Monsieur le Soleil, écoutez-nous !

Scarabée.     Qu’est-ce que… ?

Papillon.      Mon ami le Scarabée a des problèmes ! Il ne peut pas se redresser tout seul parce qu’il croit qu’il ne sait pas le faire tout seul. Donnez-lui la force de trouver en lui-même la confiance en lui.

Scarabée.     Mais ?

Papillon.      Cesse de t’agiter comme ça. Concentre-toi. Respire. Concentre-toi sur la chaleur du Soleil. Laisse la chaleur entrer en toi. Voilà, comme ça. Et maintenant, redresse-toi.

Scarabée.     Je…

Papillon.      Si si ! Tu peux. Concentre-toi. Le Soleil est avec toi !

Scarabée parvient à se redresser lentement.

Scarabée.     Oh !

Il se redresse complètement.

Papillon.      Tu vois ?

Scarabée.     Je ne savais que je pouvais faire ça tout seul.

Papillon.      Maintenant, tu le sais. Tu n’auras plus jamais besoin de personne. Et plus personne ne s’amusera à t’embêter.

Scarabée.      Ô merci !

Papillon.      Ne me remercie pas. Remercie le Soleil.

Scarabée.     Tu es aussi ami avec le Soleil ?

Papillon.      Un peu. Souvent, le jour, je danse pour lui. I’m a butterfly ! (Il sort.)

Scarabée.      (Seul) Il faudra quand même qu’on m’explique pourquoi quelqu’un comme lui, aussi sympathique et sûr de lui, l’ami de la Lune et du Soleil, se comporte aussi bêtement avec madame l’Abeille qui est si gentille…

Il sort, tout fier. Il fait même une roulade et se redresse, tout content, avant de sortir définitivement.

Tableau 3.

L’histoire du Phasme qui voulait qu’on le voie.

Phasme entre.

Phasme.      (Au public) Est-ce que quelqu’un me voit ? Est-ce que vous me voyez ? Messieurs mesdames, les enfants ? Est-ce que vous me voyez ? Oui ? Vous me voyez ? Eh bien vous êtes bien les seuls ! Dans cette forêt, jamais personne ne me voit. Tout le monde me prend pour une branche. Ma vie est difficile. Je sais bien que c’est pour me protéger des prédateurs que la nature m’a donné cette forme-là, mais c’est quand même difficile de se faire des amis dans ces conditions-là.

Fourmi.       (Entrant) Ah ! Tiens une branche ! Génial ! J’avais besoin d’un peu de bois pour consolider la fourmilière. Ce bois-là fera mon affaire. (Il attrape un bout du Phasme).

Phasme.      Aïe ! Aïe ! Mais lâchez-moi, je ne suis pas un bout de bois !

Fourmi.       Oh ! Pardon ! Je n’avais pas remarqué ! Quelle idée aussi de se déguiser en bout de bois !

Phasme.      Mais je ne suis pas déguisé. Je suis comme ça !

Fourmi.       Eh bien, ce n’est pas une bonne idée.

Phasme.      Je ne l’ai pas choisi. Toute ma famille est comme ça. Personne n’a choisi d’être comme ça. Je suis comme mes parents, mes grands-parents, mes arrière-grands-parents.

Fourmi.       Il n’empêche que c’est une mauvaise idée.

Phasme.      Mais…

Fourmi.       Bon. Je perds mon temps ici. Si tu n’es pas un bout de bois, je n’ai rien faire de toi. Salut. (Il sort.)

Phasme.      Sa… (Seul, au public) Vous voyez ? C’est toujours comme ça. J’en ai assez. Est-ce que je ressemble vraiment à une branche ? Est-ce que vous trouvez vraiment que je suis bizarre ? Ma vie est vraiment triste !

Coccinelle.   (Entrant) Oh ! Une branche ! Elle n’est pas très intéressante, elle n’a pas de feuilles à manger. Mais j’ai tellement faim que je me contenterais bien d’un petit bout d’écorce. (Elle mord dans le Phasme.)

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Phasme.      Aïe ! Aïe ! Ne faites pas ça, je ne suis pas un bout de bois !

Coccinelle.   Oups ! Désolée ! Je t’avais pris pour un bout de bois.

Phasme.      Je sais. Tout le monde fait ça.

Coccinelle.   Faut dire que tu le fais exprès. T’as vu ta dégaine !

Phasme.      Mais je ne le fais pas exprès ! Je suis comme ça.

Coccinelle.   C’est nul ! Tu es ridicule.

Phasme.      Mais…

Coccinelle.   Bon. J’ai faim. Si je ne peux pas te manger, tu ne m’intéresses pas. Salut ! (Elle sort.)

Phasme.      Sal… (Seul, au public) Vous voyez comme c’est horrible ! Ma vie est triste. Je suis tellement différent des autres insectes que personne ne me respecte. Personne ne m’accepte comme je suis.

Abeille.        (Entrant) Oh ! Une branche ! Elle a juste la taille qu’il faut. Je vais la prendre pour mettre dans ma cuisine et faire du feu. J’ai un gâteau au miel à faire cuire et mon four s’est éteint. (Elle tire sur le Phasme pour l’emporter.)

Phasme.      Aïe ! Aïe ! Arrêtez madame l’Abeille, je ne suis pas un bout de bois !

Abeille.        Oh ! Bon Dieu, mon ami ! Je t’avais pris pour une branche. Oh ! Je suis vraiment désolée. Pardonne-moi !

Phasme.      Ce n’est rien ! Tout le monde fait ça.

Abeille.        Oh ! Mon ami, ce doit être terrible pour toi.

Phasme.      Ce n’est pas facile. C’est difficile pour toute ma famille aussi.

Abeille.        Je comprends. Que puis-je faire pour t’aider ?

Phasme.      Je ne sais pas. Je n’ai jamais trouvé de solution. Personne ne me voit et tout le monde me confond. Personne ne me respecte. Je voudrais tant qu’on me voie comme je suis et avoir des amis.

Luciole.       (Entrant) Oh ! Un Phasme !

Phasme.      Qu’est-ce que tu as dit ?

Luciole.       J’ai dit : « Oh ! Un Phasme ! »

Phasme.      Tu m’as reconnu ?

Luciole.       Bien sûr. C’est facile, tu ressembles à une branche, mais tu n’es pas une branche.

Phasme.      C’est ça ! C’est tout à fait ça !

Luciole.       J’aime beaucoup les phasmes.

Abeille.        Mais comment as-tu su que c’était un phasme et pas une branche ?

Luciole.       Je crois que c’est grâce à ma lumière. Les lumières c’est comme des phares dans l’obscurité. Comme la connaissance au milieu de l’ignorance. C’est facile, avec ma lumière je ne me trompe jamais.

Abeille.        Pourrais-tu prêter un peu de lumière à notre ami le Phasme, pour qu’il puisse éclairer le monde ? Ainsi le monde ne serait plus ignorant et ne passerait plus à côté de l’essentiel.

Phasme.      L’essentiel ?

Abeille.        Le fait que tu es un insecte comme tous les autres, que tu mérites qu’on te remarque, qu’on te respecte et t’apprécie à ta juste valeur.

Luciole détache une lumière de sa robe et la donne à Phasme.

Luciole.       Tiens, Phasme. Cette lumière vient de la Lune qui est une grande Dame. Elle sait beaucoup de choses sur le monde et sur les choses.

Phasme.      Je te remercie infiniment.

Luciole.       Voudrais-tu être mon ami ?

Phasme.      Oh oui !

Scarabée.     (Entrant) Et de moi, voudrais-tu être l’ami ?

Phasme.      Bien sûr !

Abeille.        Je crois que tu as bien plus d’amis que tu ne le croyais. (Au public) Les enfants, est-ce que certains d’entre vous voudraient bien être l’ami de notre gentil Phasme ? (À Phasme) Tu vois ? Il y en a ici aussi. Eux aussi acceptent les différences. C’est ce qui fait le monde plus beau et la vie plus belle.

Scarabée.     Ça c’est vrai !

Luciole.       Assurément !

Phasme.      Merci les amis !

Abeille.        Au fait, pourriez vous m’aider à ramasser du petit bois pour allumer mon four ? Je vais vous préparer un délicieux gâteau au miel.

Fourmi et Coccinelle.       (Entrant) Et pour nous ?

Abeille.        À vous, nous avons quelques petites choses à expliquer avant.

Ils sortent tous.

Tableau 4.

L’histoire du Frelon qui voulait se marier.

Frelon entre. Il danse au son de la musique de l’Araignée.

Fourmi entre à son tour et le regarde danser.

Fourmi.       Pourquoi tu danses Frelon ?

Frelon.        Parce que je suis content.

Fourmi.       Pourquoi es-tu content ?

Frelon.        Parce que je vais me marier.

Fourmi.       Tu es amoureux ?

Frelon.        Je ne sais pas. Ça m’est égal. Celle que je veux épouser est bonne cuisinière. C’est ce qui compte de toute façon.

Fourmi.       Tu es sûr que ça marche comme ça ?

Frelon.        Je ne sais pas. Ça m’est égal. Pour moi, ça ira comme ça.

Fourmi.       Et qui vas-tu épouser ?

Frelon.        L’Abeille !

Fourmi.       L’Abeille ? Tu es sûr ?

Frelon.        Parfaitement ! Elle me ressemble ! Nous sommes faits pour être ensemble.

Fourmi.       Je n’en suis pas sûr. L’Abeille aime beaucoup ceux qui ne lui ressemblent pas. Elle aime beaucoup les différences.

Frelon.        Balivernes ! C’est absurde ! Tout le monde préfère ceux qui lui ressemblent.

Fourmi.       Je ne suis pas d’accord avec toi. L’Abeille a accepté de t’épouser ?

Frelon.        Je ne sais pas. Ça m’est égal. C’est moi qui décide, de toute façon.

Fourmi.       Tu ne vas pas lui demander son avis ?

Frelon.        À quoi ça servirait. Je vais l’épouser, c’est tout. On est faits l’un pour l’autre.

Fourmi.       Vous n’avez pas le même caractère.

Frelon.        Et alors ? Ça m’est égal ! L’essentiel c’est qu’elle fasse de la bonne cuisine et qu’elle ne me coupe pas la parole quand je parle.

Fourmi.       Elle ne se laissera pas faire.

Frelon.        Balivernes ! Les abeilles obéissent aux frelons, c’est dans la nature des choses.

Fourmi.       Tu retardes ! Ça fait longtemps que les abeilles n’obéissent plus à personne, encore moins aux frelons. Elles sont libres et égales aux autres.

Frelon.        Balivernes ! Je saurai bien la faire obéir ! Crois-moi.

Fourmi.       Elle ne voudra pas t’épouser.

Frelon.        Mais si, mais si ! Je suis le chef, c’est moi qui commande. Et j’épouserai l’Abeille, c’est moi qui te le dis.

Fourmi.       Si tu veux vraiment l’épouser, je te conseille, quand même, de lui faire un peu la cour avant.

Frelon.        Comment ça ?

Fourmi.       La séduire. Être gentil avec elle. Lui faire des cadeaux…

Frelon.        Qu’est-ce que c’est que ces balivernes ? Je n’ai jamais fait ça, moi.

Fourmi.       Je te conseille d’essayer. Sinon, tu n’auras jamais ce que tu veux.

Frelon.        J’obtiens toujours ce que je veux. Mais, je veux bien essayer.

Fourmi.       Tu feras bien.

Frelon.        Mais laisse-moi te dire que je trouve ça ridicule.

Fourmi.       Les abeilles apprécient les petites attentions.

Frelon.        Les abeilles sont ridicules. (Il sort)

Fourmi.       (Seul) C’est lui qui est ridicule. (Il sort)

Tableau 5.

L’histoire de l’Abeille qui ne voulait pas se marier.

Frelon entre avec une fleur à la main. Il attend. L’Abeille entre.

Abeille.        Que faites-vous là, monsieur Frelon ?

Frelon.        Je vous attendais.

Abeille.        Moi ?

Frelon.        Vous !

Abeille.        Pourquoi moi ?

Frelon.        Parce que vous. Je l’ai décidé ainsi.

Abeille.        Décidé ?

Frelon.        N’êtes-vous pas contente de me voir ?

Abeille.        Je ne dirais pas ça.

Frelon.        Trêve de balivernes ! Tenez ! Ceci est pour vous. (Il lui tend la fleur.) Vous ne me remerciez pas ?

Abeille.        Si si. Merci. Mais pourquoi ?

Frelon.        Parce que vous allez être ma femme.

Abeille.        Quoi ?!

Frelon.        Je dois y allez ! À bientôt. (Il lui envoie un baiser en l’air.)

Abeille.        (Seule, au public) Ce frelon est complètement fou !

Luciole.       (Entrant) Oh ! Mais c’est ma fleur ! Je l’avais prise pour décorer ma chambre. Pourquoi me l’avez-vous volée ?

Abeille.        Je n’ai rien volé ! C’est un cadeau du Frelon.

Luciole.       Du Frelon ?

Abeille.        Il vient de me l’offrir. Il croit qu’il va m’épouser.

Luciole.       Ce Frelon est un voleur et un imbécile !

Abeille.        Je ne te le fais pas dire. Tiens, ma brave petite Luciole. Reprends ta fleur. Elle est à toi et n’aurait jamais dû quitter ta chambre.

Luciole.       (Récupérant sa fleur et sortant). Merci madame l’Abeille !

Abeille.        (Seule, au public) Ce frelon est vraiment nuisible !

Frelon.         (Entrant et apportant un pot) Tenez ma belle ! Ceci est pour vous ! Du lait de puceron. C’est très sucré, ce sera délicieux sur les beignets que vous me préparerez. (Il lui tend le pot.)

Abeille.        (Prenant le pot) Qu’est-ce que c’est encore que cette histoire ?

Frelon.        Vous n’aimez pas le lait sucré ?

Abeille.        Si mais…

Frelon.         (Sortant) Ne me remerciez pas. C’était de bon cœur !

Abeille.        (Seule, au public) Décidément, il est complètement fou !

Coccinelle.   (Entrant) Quelqu’un m’a volé mon pot de lait de puceron !

Abeille.        (Lui montrant le pot) Celui-là ?

Coccinelle.   Oui ! Exactement celui-là ! Pourquoi que vous me l’avez chipé ?

Abeille.        Ce n’est pas moi. C’est le Frelon. Il me l’a offert. Il veut soi-disant m’épouser.

Coccinelle.   Le Frelon vous épouser ? Eh ben, je vous souhaite bien du bonheur avec lui ! Ce type est détestable.

Abeille.        Je le pense aussi. Tiens, reprends ton pot, Coccinelle.

Coccinelle.   Coxi.

Abeille.        Reprends ton pot, Coxi !

Coccinelle.   Merci. (Elle sort.)

Abeille.        (Seule, au public) Ce Frelon, quel horrible personnage !

Frelon.        (Entrant et portant un panier). Ma Chérie, voici un nouveau présent pour toi. Ce sont des œufs de fourmi pour que tu puisses me faire une omelette. J’adore les omelettes. Tu es contente, n’est-ce pas de faire plaisir à ton futur mari. Tiens ! Prends ce panier. (Il veut le lui donner, mais elle refuse.)

Abeille.        À qui avez-vous volé ces œufs ?

Frelon.        Je ne les ai pas…

Fourmi entre, très en colère.

Tous les autres insectes entrent derrière lui.

Fourmi.       Quelqu’un a volé les œufs de ma Reine ! C’est scandaleux ! Inadmissible ! Intolérable ! C’est un crime !

Abeille.        (Désignant le Frelon) Je vous présente le voleur.

Frelon.        Moi ? Mais jamais de la vie ! (Au public) N’est-ce pas les enfants que ce n’est pas moi ? C’est l’Araignée ! N’est-ce pas que c’est l’Araignée ?

Abeille.        N’importe quoi ! Depuis le début, l’Araignée fait de la batterie, dans le coin, là. Elle n’a pas bougé de sa place. Ce n’est pas elle. (Au public) Les enfants, dites à monsieur Fourmi que ce n’est pas l’Araignée ! Dites-lui qui a volé les œufs de la Reine des fourmis ! Parfaitement ! Le voleur, c’est le Frelon !

Frelon.        Mais, ma Chérie, voyons !

Abeille.        Je ne suis pas votre Chérie ! Vous n’avez aucun droit de m’appeler votre Chérie. Vous n’êtes qu’un voleur, un méchant, un prétentieux, un ringard nuisible et un macho détestable ! Et si vous continuez à me harceler, je vous dénonce à « Balance ton frelon ! ». C’est clair ?

Frelon.        Mais c’est moi qui commande.

Abeille.        Dans tes rêves ! Passe ton chemin ! Et ne viens plus nous embêter ! Oust ! Dehors !

Frelon.        Mais…

Abeille.        Dehors, j’ai dit !

Il va pour sortir.

Abeille.        Attends une minute. (En montrant Fourmi) Rends-lui son panier !

Il le rend.

Abeille.        Voilà ! Et maintenant, sors de là ! Disparais ! Que je ne te revoie plus jamais !

Il sort.

Fourmi.       (Aux autres) Pas commode l’Abeille !

Les autres approuvent.

Abeille.        Faut pas me chercher ! J’aime pas qu’on m’embête. Et je n’aime pas qu’on embête les autres.

Les autres.    (Applaudissant) Bravo ! Vive madame L’Abeille !

Papillon.      Bra bra brav… oooo ! Ma ma… Beille.

Ils sortent.

Le Papillon le dernier.

Frelon réapparait.

Frelon.        (Au public) Je me vengerai…

Il ressort.

Tableau 6.

L’histoire de Fourmi qui demande l’aide.

Araignée joue de la batterie.

Frelon entre. Il prend un élément de la batterie et se sauve avec.

Araignée ne s’en rend pas compte.

Frelon revient et lui vole un deuxième élément.

Araignée ne s’en rend toujours pas compte.

Frelon revient et dérobe un troisième élément.

Araignée s’en rend compte.

Frelon revient, mais Araignée le voit.

Frelon.        Oups ! Coucou ! Ça va ?

Araignée.     Toi ! Tu as commis ton dernier crime !

Frelon veut se sauver. Mais Fourmi entre et le bloque.

Fourmi.       Où comptes-tu aller comme ça, petit Frelon ?

Frelon.        Bonjour Fourmi ! Tu vas bien ?

Fourmi.       Je vais aller mieux dans quelques minutes. Araignée, tu veux bien m’aider ?

Araignée.     Avec plaisir !

Araignée se lève et avance sur le Frelon qui commence à trembler.

Scarabée et Phasme entrent et commencent à jouer de la batterie pendant qu’Araignée avance.

Araignée prend le long ruban qu’il avait dans le dos et commence à enrouler Frelon qui crie et supplie… Araignée enroule Frelon Fourmi l’aide. À la fin, Fourmi le traine.

Fourmi.       Viens avec moi, toi. Ma Reine t’attend au tribunal des fourmis. (En sortant) Merci pour le coup de main, l’Araignée !

Araignée.     Pas de quoi l’ami ! Toujours au service de la justice !

Il revient à sa batterie.

Araignée.     Bas les pattes les gamins ! C’est ma batterie.

Phasme.      C’était pour l’ambiance.

Scarabée.     C’était bien quand même ?

Araignée.     Ouais ouais ! Allez ! Rendez-moi mes baguettes.

Ils rendent les baquettes.

Scarabée et Phasme.        On vous rapporte ce que Frelon a volé, si vous voulez.

Araignée.     C’est sympa, merci.

Ils rapportent les éléments manquants et les réinstallent.

Araignée.     Merci les gamins. Vous êtes des gars bien.

Ils sont contents et restent à côté de l’Araignée.

Tableau 7.

L’histoire de l’Araignée qui est très contente.

Araignée fait un solo.

Les autres insectes (sauf Frelon) entrent, écoutent.

Tableau 8.

L’histoire de la Coccinelle qui avait toujours faim.

Coccinelle avance en avant-scène. Araignée continue à jouer.

Coccinelle mange quelque chose longtemps, devant tout le monde.

À la fin, tout le monde rit et applaudit. Coccinelle salue et rejoint les autres.

Tableau 9.

L’histoire du Papillon qui était amoureux.

Papillon avance en avant-scène.

Papillon.      J’ai un problème. J’ai demandé à la Lune…

Derrière les autres chantent :

« J’ai demandé à la lune

Si tu voulais encore de moi

Elle m’a dit “J’ai pas l’habitude

De m’occuper des cas comme ça” »

Papillon.      Ne vous moquez pas. J’ai demandé à la Lune…

Les autres reprennent la chanson :

« J’ai demandé à la lune

Et le soleil ne le sait pas

Je lui ai montré mes brûlures

Et la lune s’est moquée de moi »

Papillon.      Arrêtez, c’est sérieux !

Scarabée.     Oui ! Arrêtons !

Phasme.      Oui ! Écoutons !

Papillon.      J’ai demandé à la Lune et au Soleil. J’ai demandé aux Arbres et aux Rivières. J’ai demandé à la Terre, au Vent, aux Étoiles et à la Pluie. J’ai demandé partout. Et je n’ai pas trouvé de solution. Je ne comprends pas ce que j’ai. Tout va bien. J’ai des amis. Je suis bien au milieu du monde. Je caresse les fleurs, je danse dans le ciel. Je suis heureux. Je devrais être heureux, mais je ne le suis pas. Je ne comprends pas. J’ai mal là. (Il montre sa poitrine.)

Luciole.       Il montre son cœur.

Araignée fait le rythme du cœur sur sa batterie.

Coccinelle.   Il a quoi ?

Fourmi.       Il est amoureux, je crois.

Papillon.      J’ai demandé à la Lune. Mais elle n’a pas répondu. J’ai demandé au Soleil. Il ne m’a pas répondu. J’ai demandé partout. Même les arbres sont restés muets. Même l’eau qui chante s’est tue. Les oiseaux se sont envolés sans me répondre. Je suis perdu. J’ai demandé à tout le monde…

Abeille.        Et à moi, as-tu demandé ?

Papillon.      Oh ! Ma ma madame l’Abeille, je je…

Abeille.        J’aurais pu t’aider.

Papillon.      Co co comment au au auriez-vous pu ?

Abeille.        Comme ça. (Elle lui prend la main.)

Papillon.      Oh !

Abeille.        Ça va mieux.

Papillon.      Oui, je crois. Je crois que ça va mieux.

Abeille.        Tu as toujours mal là. (Elle montre sa poitrine)

Papillon.      Non. Je n’ai plus mal du tout. J’ai des papillons dans la poitrine. Mon cœur bat vite. C’est agréable. Je crois que c’est du bonheur.

Tous les insectes applaudissent. Même Frelon, toujours entouré de bandelettes, qui marche et applaudit comme il peut.

Abeille et Papillon saluent. Les autres les rejoignent et saluent. Solo de batterie.

Le Scarabé
La Luciole
Le Papillon
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